Par Rodrigue Kolaba Koto
Gemena, 08 juin 2026 – Une nouvelle tension monte à Gemena, chef-lieu de la province du Sud-Ubangi au nord-ouest de la RDC. Le collectif des mouvements citoyens de la ville accuse la mairie d’avoir refusé d’accuser réception de sa lettre d’information relative à une marche pacifique prévue le mercredi 10 juin 2026. Un refus qui, selon eux, pose de sérieuses questions sur la liberté de manifester et sur la gestion d’un dossier sensible : celui d’IMMO-SERKAS.
Un droit constitutionnel bloqué dès l’entrée
En RDC, l’article 38 de la Constitution garantit à tout citoyen la liberté de manifestation pacifique, moyennant une simple information préalable à l’autorité. C’est précisément cette démarche que le collectif dit avoir effectuée.
Or, d’après leur communiqué parvenu à la rédaction centrale de Legon News via Me Rufus Enyela, la mairie de Gemena a refusé de délivrer l’accusé de réception. Pour les organisateurs, c’est plus qu’une négligence administrative : c’est une tentative d’entraver un droit fondamental. « Pourquoi empêcher ou entraver l’exercice d’un droit citoyen pourtant garanti par la Constitution ? » s’interrogent-ils.
IMMO-SERKAS : le dossier qui fâche
Ni intimidations, ni obstacles administratifs ne nous arrêteront
Malgré le blocage, le collectif reste ferme. Il rappelle que sa démarche est pacifique, citoyenne et motivée par la recherche de la vérité. Pas question de reculer face aux intimidations ou aux barrières administratives.
« Le refus d’accuser réception de notre correspondance ne fera que renforcer la détermination des citoyens à exiger des explications sur la gestion des marchés publics et sur les agissements d’IMMO-SERKAS », martèlent les mouvements citoyens.
Pour eux, le combat va au-delà d’une simple marche : il s’agit de transparence, de redevabilité et du respect des intérêts de la population.
Que dit la loi ?
Juridiquement, l’accusé de réception vaut autorisation tacite 48h après dépôt si l’autorité ne s’y oppose pas par écrit et de manière motivée. En refusant même de réceptionner la lettre, la mairie s’expose à des critiques sur le respect des libertés publiques.
La population de Gemena attend désormais une réaction des autorités provinciales et nationales. La marche aura-t-elle lieu ? La mairie va-t-elle s’expliquer ? Une chose est sûre : le dossier IMMO-SERKAS vient de passer du bureau de la mairie à la place publique.



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