Par Rodrigue Kolaba Koto
Kinshasa, 24 juin 2026 – Le message d’Évariste Ndayishimiye à Kinshasa a fait des vagues. Le Président burundais et président en exercice de l’Union Africaine a rappelé un principe de base : intégrité territoriale = unité nationale + stabilité institutionnelle. Martin Fayulu a saisi ce mercredi 24 juin la balle au bond sur X pour lancer un appel solennel aux dirigeants congolais.
Fayulu valide Ndayishimiye : un rappel qui fâche
« J’invite chacun à méditer sur les propos du Président Évariste Ndayishimiye qui a rappelé à Kinshasa ce que tout Congolais conscient sait déjà ». L’opposant renchérit : quand ton territoire est attaqué, tu mets les querelles de côté. C’est du bon sens. Et la pique est là : « Il est préoccupant qu’il faille qu’un chef d’État étranger rappelle aux dirigeants congolais ce qui devrait être au cœur de leur action quotidienne ». Message reçu 5/5 à la Présidence.
Le constat de Fayulu : 4 urgences, 0 distraction
L’ancien candidat à la présidentielle dresse l’état des lieux sans détour : 1. Territoire occupé : Une partie de l’Est sous administration parallèle ; 2. Autorité de l’État contestée : Des « administrations parallèles se substituent progressivement à l’autorité de l’État » ; 3. Menace sanitaire : Le pays fait face à la menace d’Ebola ; 4. Précarité : Les populations vivent dans l’insécurité et la pauvreté. Sa conclusion : Dans ce contexte, la priorité devrait être de défendre la République et de rassembler la Nation. Point.
Le rappel à Tshisekedi : 2 dates, 1 même message
Fayulu ne parle pas dans le vide. Il sort ses archives : « Le 5 juin 2025 à Kinshasa puis le 6 février 2026 à Washington, j’ai personnellement rappelé à Mr. Tshisekedi ce double impératif d’unité nationale et de stabilité institutionnelle ». Malgré ça, regrette-t-il, « au moment où le pays a besoin de Cohésion, il est entraîné dans un débat constitutionnel aussi inutile que dangereux ». Allusion directe aux discussions sur une révision constitutionnelle.
La leçon d'histoire de l'opposant
Coup de pression historique pour finir : « L’histoire enseigne que les Nations ne disparaissent pas seulement sous les coups de leurs ennemis. Elles s’affaiblissent aussi lorsque ceux qui les dirigent subordonnent les priorités de la Nation à leurs calculs politiques personnels ». Traduction Fayulu : le vrai danger, ce n’est pas seulement l’ennemi à l’Est. C’est aussi la division au sommet.
Le mot d'ordre final
Le Congo a besoin d’Unité. Le Congo a besoin de Stabilité institutionnelle. Le Congo a besoin de Paix. Et il ajoute : « Il est encore temps de faire les bons choix. Il est encore temps de privilégier l’intérêt supérieur de la Nation ».
En reprenant Ndayishimiye, Fayulu tente de dépasser les clivages. Son message s’adresse au pouvoir, à l’opposition, à la société civile : union sacrée ou rien. Pendant que les Léopards jouent leur survie face à l’Ouzbékistan, la Nation joue la sienne face à ses démons internes.


Exprimez-vous