Par Rodrigue Kolaba Koto
Goma, 8 juin 2026 – Dans une lettre ouverte adressée à Moïse Katumbi, le jeune leader kivusien Espoir Rubenga Ben alias de la race Lumumba revient sur les années de lutte aux côtés de l’opposant et interpelle aujourd’hui sur ce qu’il qualifie de « blessure profonde » : le rapprochement entre l’ancien gouverneur du Katanga et Joseph Kabila.
« Nous avons risqué nos vies »
Espoir Rubenga se présente comme l’un de ces jeunes du Kivu qui ont porté le combat de Katumbi au plus fort des tensions avec le régime de Joseph Kabila. Il rappelle les rencontres à l’Hôtel Bégonias, les intimidations subies et le travail de terrain mené pendant l’exil du leader d’Ensemble pour la République. « Pendant que vous étiez contraint à l’exil, nous étions sur le terrain à défendre votre vision », écrit-il.
Le rappel au président Tshisekedi
Le jeune leader insiste sur un point d’histoire : si Moïse Katumbi a pu revenir au pays, c’est « d’abord par la grâce de Dieu, mais également parce que le président Félix Tshisekedi a créé les conditions ». Pour lui, réécrire ce passé au gré des alliances politiques revient à trahir la mémoire de ceux qui ont payé le prix fort.
Une « profonde blessure » face à Kabila
La partie la plus vive de la lettre concerne le front commun affiché aujourd’hui entre Katumbi et Kabila, et les propos qualifiant ce dernier de « sage ». Espoir Rubenga y voit un effacement des sacrifices : jeunes tués, blessés, traumatisés. « Cette posture donne l’impression d’effacer la souffrance et même le sang de nombreux jeunes », déplore-t-il.
Le Kivu attend des actes
Au-delà du règlement de comptes politique, la lettre interpelle sur l’actualité sécuritaire. Alors que le Nord-Kivu traverse, selon l’auteur, « l’une des périodes les plus sombres de son histoire » avec déplacements massifs et massacres, il s’interroge sur le silence de Katumbi. « Le peuple du Kivu n’attend pas seulement des discours. Il attend des actes, du courage et de la constance », conclut-il.
Une interpellation générationnelle
Signée « avec tristesse, mais aussi avec franchise », cette lettre illustre le malaise d’une partie de la jeunesse kivusienne qui se sent instrumentalisée dans les recompositions politiques. Elle pose la question de la fidélité aux bases et de la responsabilité des leaders face aux crises locales.
La réaction de Moïse Katumbi à cette interpellation reste attendue.


Exprimez-vous