Par la rédaction - récit de Sadrack Bihamba, depuis Kirumba
Mighobwe, 7 juin 2026 – Dans les villages de Bukomerwa, Kanyatsi Tama, Kasingiri et Kaseghe, chefferie de Batangi, territoire de Lubero, la pomme de terre s’impose comme la nouvelle culture rentable. Les paysans du Sud-Lubero abandonnent peu à peu le manioc face aux prix du marché.
Un constat de terrain fait le 6 juin 2026 par Sadrack Bihamba auprès des cultivateurs : la pomme de terre est plus rentable, plus facile à vendre et plus recherchée que la farine de manioc.
Des chiffres qui parlent d’eux-mêmes
Sur les marchés locaux, un sac de farine de manioc se négocie entre 40.000 FC et 50.000 FC. Le même volume de pommes de terre part entre 85.000 FC et 100.000 FC. Soit presque le double. Pour les familles, les revenus sont donc « plus redevables » avec la pomme de terre qu’avec le manioc.
« La culture des pommes de terre est plus rentable, plus facile et plus coûteuse au marché », ont confirmé plusieurs cultivateurs interrogés par notre correspondant.
Le frein : le prix de la semence
Si l’enthousiasme est réel, un obstacle bloque les débutants : la semence. Un sac de semence de pomme de terre coûte 150.000 FC. Un investissement lourd pour un paysan qui démarre. À l’inverse, le manioc ne demande que des boutures facilement accessibles.
La population du Sud-Lubero salue tout de même l’essor de cette culture. Elle y voit une réponse urgente pour améliorer les revenus et la sécurité alimentaire dans les champs et villages autour de Mighobwe. Le défi reste donc d’accès aux intrants. Sans semences à prix abordable, la « révolution pomme de terre » du Sud-Lubero risque de rester l’affaire de quelques producteurs nantis.


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