Par Rodrigue Kolaba Koto
Kinshasa, 09 juillet 2026 - Le Présidium de la Coalition Article 64 - C64 a été reçu la semaine dernière par Évariste Ndayishimiye, Président du Burundi et Président en exercice de l’Union africaine. L’audience s’inscrivait dans les consultations que mène le chef d’État burundais sur la crise en République démocratique du Congo.
La délégation de l'opposition a retourné kinshasa le mercredi 08 juillet 2026. Dans un point de presse tenu ce jeudi 9 juillet 2026 dans la capitale congolaise, la C64 par la voix de Jean-Marc Kabund-a-Kabundu tient d’emblée à lever toute équivoque.
« La C64 n'a jamais sollicité cette audience. L'initiative est venue exclusivement du Président en exercice de l'Union africaine, qui, à la suite de ses échanges avec Monsieur Félix Tshisekedi, a souhaité entendre directement la position de la C64 ».
1. Le diagnostic : une crise à 4 dimensions
Pour la coalition, réduire la crise congolaise au seul conflit armé dans l’Est est une erreur stratégique. Elle parle d’une crise systémique qui cumule : 1. Crise militaire et sécuritaire ; 2. Crise de gouvernance ; 3. Crise de légitimité des institutions ; 4. Crise constitutionnelle. C’est ce qui expliquerait, selon elle, l’échec des processus de Nairobi, Luanda, Doha et Washington qui n’ont abordé « principalement que les dimensions militaires et diplomatiques sans traiter simultanément les causes politiques et institutionnelles ». La C64 dénonce aussi le projet de changement de la Constitution porté par le Chef de l’État. Elle le qualifie de « dangereux front politique » ouvert au moment où « une partie du territoire est occupée » et où la Nation devrait être unie.
2. Les préalables de la C64 pour un dialogue
La coalition dit rester « pleinement disponible pour un dialogue véritable, sincère et inclusif ». Mais elle pose des conditions de bonne foi : - Renonciation publique et définitive au projet de changement de Constitution ; - Libération des prisonniers politiques ; - Fin des poursuites judiciaires à caractère politique ; - Respect des libertés publiques et rétablissement de l’État de droit. « On ne construit pas un dialogue sous la répression ni dans la violation permanente de la Constitution », tranche la C64. Le Président Ndayishimiye aurait pris acte et s’est engagé à transmettre fidèlement cette position à Félix Tshisekedi.
3. Cap sur la rue : marche du 22 juillet
Fidèle à sa ligne de mobilisation, la C64 passe à la vitesse supérieure. Après le succès de la « ville morte » du 3 juin et du sit-in du 12 juin, elle appelle à une grande marche pacifique le 22 juillet 2026 vers le Palais de la Nation. Les mots d’ordre sont clairs : - NON au coup d’État constitutionnel ; - NON à la confiscation de la souveraineté populaire ;- NON à la guerre permanente et à la mauvaise gouvernance. Et OUI au respect de la Constitution, à la paix, à la justice et à l’alternance démocratique. La marche exigera « enfin la démission de Monsieur Félix Tshisekedi parce qu’il a trahi son serment constitutionnel ».
4. La ligne rouge
La C64 martèle : « Que personne ne se méprenne. En acceptant cette invitation, la C64 n'a ni négocié ses convictions, ni marchandé son combat ». Son objectif reste de « sauver la République, défendre la Constitution et préserver l’avenir de la Nation ». Elle se dit prête à contribuer, sous l’égide de l’UA et de toute médiation crédible, à une solution globale pour « restaurer durablement la paix, l’unité nationale et l’ordre constitutionnel ».
« Le combat continue jusqu’au rétablissement de l’ordre constitutionnel, de la démocratie, de la paix et de la dignité du peuple congolais », conclut le compte rendu lu par Jean-Marc Kabund-a-Kabundu.
Reçue par Évariste Ndayishimiye, la C64 a présenté à l’UA un diagnostic de « crise systémique » en RDC. Elle conditionne tout dialogue à l’abandon du projet de révision constitutionnelle et à la libération des prisonniers politiques. En parallèle, elle annonce une grande marche le 22 juillet 2026 vers le Palais de la Nation pour exiger la démission du Président Tshisekedi et le respect de la Constitution.
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