Par Rodrigue Kolaba Koto
Tchanzu, 22 juillet 2026 – L’étau se resserre. L’AFC/M23, mouvement rebelle qui occupe plusieurs localités et grandes agglomérations de l’est de la RDC, a annoncé lundi 20 juillet à Tchanzu, dans le Nord-Kivu, la fin de la formation de 9 318 nouveaux commandos. Selon le mouvement, ces recrues sont désormais « prêtes à être déployées » après plusieurs mois d’entraînement intensif.
Des recrutements forcés, pas des volontaires
Derrière le chiffre officiel, la réalité sur le terrain est bien plus sombre. Selon plusieurs sources concordantes locales, dont des mouvements citoyens qui se sont livrés sous couvert de l'anonymat à Legon News, ces recrutements sont massivement forcés. « Les jeunes s’y engagent par force, par peur d’être éliminés ou de voir leur famille saccagée », témoigne un acteur de la société civile à Rutshuru. Dans plusieurs villages sous contrôle du mouvement, des rafles nocturnes et des pressions sur les chefs locaux seraient devenues la norme pour atteindre le quota de 9 318 hommes. Autrement dit : une armée de 9 318 hommes construite sur la peur.
Une machine de guerre qui grossit au cœur du Nord-Kivu
9 318 hommes. C’est l’équivalent d’une petite armée. En bouclant cette vague de formation en plein territoire sous son contrôle, l’AFC/M23 envoie un message clair : il ne désarme pas. Il se renforce. Pour les populations civiles déjà martyrisées, l’annonce sonne comme une menace directe. Plus de combattants formés veut dire plus de patrouilles, plus de barrages, plus de réquisitions forcées et plus d’enlèvements de jeunes.
L’est de la RDC pris en otage
Depuis qu’il contrôle des pans entiers du Nord-Kivu, le mouvement est accusé par les ONG et les habitants de multiplier les exactions : Déplacements massifs de familles fuyant les zones de recrutement forcé ; Terrorisation des villages pour imposer son autorité ; Instabilité qui bloque écoles, hôpitaux et champs. Avec ces 9 318 nouveaux commandos, le risque d’une nouvelle offensive est réel. Les localités encore sous contrôle du gouvernement et les camps de déplacés de Rutshuru, Masisi et Nyiragongo se préparent au pire.
Une paix toujours repoussée
Alors que des pourparlers sont censés ramener la paix, l’AFC/M23 choisit la voie des armes. Former près de 10 000 hommes en pleine crise humanitaire, dont une majorité enrôlée sous la contrainte, c’est entretenir la guerre. Pour les habitants de l’Est, la question n’est plus « si » le mouvement va frapper, mais « où » et « quand ». Et le bilan humain risque encore de s’alourdir.


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