Par Rodrigue Kolaba Koto
Kinshasa, 13 juillet 2026 - Nouveau chapitre dans l’affaire FRIVAO. L’ancien ministre de la Justice et garde des Sceaux, Constant Mutamba Tungunga, comparaît à nouveau ce lundi devant la Cour de cassation à Kinshasa. Le dossier concerne cette fois le détournement présumé de fonds du Fonds de Réparation et d’Indemnisation des Victimes des activités illicites de l’Ouganda en RDC, FRIVAO.
Des millions de dollars pointés par le parquet
À l’audience, le parquet a évoqué plusieurs montants sortis entre septembre 2024 et mars 2025. Il s’agit de près de 15 millions de dollars au profit d’une société, 4 millions de dollars au profit de l’Institut Congolais de Conservation de la Nature, ICCN, 200 000 dollars au profit d’une entité commerciale non clairement identifiée, ainsi que 1 024 000 dollars et 175 864,641 dollars au profit d’autres structures. Le dossier, instruit d’abord devant la cour d’appel, a été transmis à la Cour de cassation pour compétence.
Accès refusé à plusieurs médias
Autre fait marquant de cette audience : la couverture médiatique limitée. Notre reporter permanent n’a, jusqu’ici, eu aucun accès pour assurer la couverture du procès. Plusieurs autres médias sont dans le même cas, notamment Bosolo Télévision d’Israël Mutombo.
À l’intérieur de la salle, seules quelques rédactions ont été autorisées notamment : la RTNC, Actu30, TV5MONDE, France 24 et une télévision gabonaise. Par ailleurs, les agents de l’ordre déclarent recevoir l’ordre du Directeur de Cabinet du premier président de la Cour de cassation.
Ce qu’il faut retenir : 1. Dossier : Détournement présumé de fonds FRIVAO ; 2. Montants cités : Plus de 20 millions de dollars au total ; 3. Contexte : Audience à huis clos médiatique partiel, Constant Mutamba présent. L’audience est en cours sous haute surveillance.
Ce procès pose deux questions en même temps. D’abord judiciaire : que sont devenus les fonds destinés aux victimes de l’Ouganda en RDC ? Les montants cités par le parquet sont lourds et touchent des institutions clés. Ensuite démocratique : pourquoi fermer l’accès à une partie de la presse ? En ne laissant entrer que quelques médias, la Cour de cassation donne le sentiment d’un procès à deux vitesses. Or dans une affaire d’intérêt public comme celle-ci, la transparence est aussi une preuve. Legon News et d’autres confrères, c’est priver l’opinion de voir et de comprendre.
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