Uvira : Les déplacés déçus après l’expiration de l’ultimatum américain adressé au Rwanda

Rédaction
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Par Olivier Ramazani Alvin, depuis Uvira 



Uvira, 17 juillet 2026 - Le 15 juillet marquait l’expiration de l’ultimatum lancé par les États-Unis au Rwanda : retirer ses troupes de l’Est de la RDC. Sur le terrain, rien n’a changé. Les combats se poursuivent et les mouvements des groupes armés continuent, au détriment des populations civiles.


Dans la région d’Uvira, des milliers de déplacés venus des territoires d’Uvira, Fizi et Walungu vivaient cette date comme une possible étape vers la désescalade. Beaucoup espéraient une baisse des tensions et l’ouverture d’une voie vers le retour. Cet espoir s’éloigne quelques heures après l’échéance.

L’inquiétude est palpable dans les sites d’accueil et les familles d’accueil. Les déplacés suivent avec anxiété l’évolution au Sud-Kivu, où l’AFC-M23 poursuit son expansion après la prise de plusieurs localités. Les rumeurs d’une progression vers Baraka renforcent la crainte d’une nouvelle vague de déplacements.


« Nous pensions que la pression internationale allait permettre un arrêt des combats. Aujourd’hui, nous ne savons plus quand nous pourrons rentrer chez nous », confie un déplacé originaire de Fizi. Pour de nombreuses familles, le retour reste conditionné au rétablissement de la sécurité dans les villages d’origine.

Les conditions de vie restent précaires autour d’Uvira. Manque de nourriture, abris insuffisants, accès limité aux soins : l’urgence humanitaire s’ajoute à l’incertitude. Plusieurs déplacés disent avoir perdu confiance dans les annonces diplomatiques, qu’ils jugent déconnectées de leur quotidien.


Pour un analyste indépendant des Grands Lacs, l’expiration de l’ultimatum n’entraîne pas mécaniquement un changement sur le terrain. Selon lui, ce type de pression vise à augmenter le coût politique de la poursuite des hostilités. Son impact dépend de la volonté des parties et des mécanismes de suivi mis en place.

L’expert souligne que l’évolution militaire continuera d’être dictée par les négociations régionales, les médiations et les rapports de force. En l’absence d’un cessez-le-feu durable et d’un processus politique crédible, les civils resteront les premières victimes du conflit. En attendant, la seule revendication des déplacés d’Uvira est claire : rentrer chez eux en sécurité. Mais avec la poursuite des affrontements, cet objectif paraît aujourd’hui plus lointain que jamais.


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