Par Olivier Ramazani Alvin, depuis Uvira
Uvira, 02 août 2026 – L’alerte est lancée. Dans le quartier Kasenga, en commune de Mulongwe, les habitants ne se sentent plus en sécurité. Face à la recrudescence du banditisme urbain, les jeunes tirent la sonnette d’alarme et réclament le déploiement d’une police de proximité.
Quand il y a des coups de feu, la police arrive trop tard
La revendication a été formulée le 28 juillet 2026, lors d’une journée portes ouvertes organisée par le Commissariat d’Intervention de la Police nationale congolaise - CIAT urbain d’Uvira, en partenariat avec le Conseil urbain de la jeunesse.
Objectif : rétablir le dialogue entre la population et la police dans une ville encore marquée par les conséquences du conflit armé et de l’occupation temporaire de la région. Pour Bonfils Jean-Baptiste Marumaru, président du Conseil local de la jeunesse de Kasenga, le problème est simple : l’absence de la police dans le quartier.
« Chaque fois qu'il y a des coups de feu ou des vols à main armée, nous ne trouvons pas rapidement les éléments de la police. Souvent, lorsqu'on les appelle, ils expliquent qu'ils ne disposent pas de moyens de mobilité. Cette situation encourage la répétition des actes criminels », déplore-t-il.
Cambriolages nocturnes, vols à main armée, homicides... Le sentiment d’insécurité grandit dans plusieurs quartiers d’Uvira.
La police promet un redéploiement
Face à ces préoccupations, le commandant du CIAT urbain d’Uvira, Lwimbo Hodokya Somonin, reconnaît les difficultés. Il explique que les services de sécurité ont dû être réorganisés après leur retour à Uvira en février, suite au retrait des rebelles du M23. Les premiers efforts ont porté sur les axes routiers et les quartiers les plus touchés : Songo, Nyamianda, Kimanga et le centre de Mulongwe. Mais la donne va changer pour Kasenga.
« Dans les prochains jours, le grand Kasenga bénéficiera lui aussi d'une présence permanente des agents de la Police nationale congolaise. Nous avons demandé à l'autorité urbaine de mettre à notre disposition des espaces pour installer des postes de police », assure-t-il.
Un protocole de collaboration a également été signé avec la jeunesse. Objectif : restaurer la confiance et lutter ensemble contre les réseaux criminels.
Une attente forte des habitants
Pour les jeunes de Kasenga, la police de proximité n’est pas une option. C’est une urgence. Elle doit permettre de prévenir, d’intervenir plus vite et de rapprocher la PNC de la population. En attendant, les habitants d’Uvira espèrent que cette promesse se concrétisera rapidement pour rendre au quartier Kasenga la paix et la quiétude.
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