Par la rédaction centrale
Kinshasa, 20 septembre 2026 - Il est né à Goma, au pied du Nyiragongo, au cœur d'une région qui n'a connu que la guerre. Il avait choisi de lui répondre à vélo.
Miguel Masaïsaï avait 23 ans. Kivusien, sportif complet - natation, course à pied, mais surtout cyclisme - il avait fait du vélo bien plus qu'un sport : un porte-voix.
Son idée était simple : Pedals for Peace. Pédaler pour la paix
En 2025, il l'avait déjà prouvé. Parti de Goma, il avait traversé le Rwanda, la Tanzanie, la Zambie, le Botswana, la Namibie, jusqu'à Cape Town en Afrique du Sud. Des milliers de kilomètres en solitaire pour dire que l'Afrique peut s'unir autrement.
Mais il voulait aller plus loin
Le 1er mai 2026, il remet le pied sur la pédale de son vélo depuis la ville volcanique de Goma au Nord-Kivu. Objectif : Relier Goma à Rabat, au Maroc. 14 000 kilomètres à parcourir à travers le continent.
Il traverse la grande partie de la RDC. 67 jours d'enfer et de courage. Pluies, montagnes du Kivu, chaleur du Sankuru, routes défoncées, crevaisons. Plus de 6 500 kilomètres. Le 5 août, il entre dans Kinshasa sous les applaudissements.
Kinshasa n'était qu'une escale. Le 6 septembre, il franchit le fleuve. Direction Brazzaville, puis Gamboma, puis Oyo. Toujours vers le nord, vers le Cameroun, vers le Maroc.
Et puis, ce vendredi 18 septembre 2026, tout s'arrête
À Ouesso, dans l'extrême nord du Congo-Brazzaville, à quelques kilomètres de la frontière camerounaise, Miguel Masaïsaï est fauché par un accident de circulation.
Il ne verra jamais le Cameroun. Il ne verra jamais Rabat
À 23 ans, il laisse derrière lui deux traversées africaines, des milliers de kilomètres et une seule phrase qui résume tout : pédaler pour la paix.
De Goma à Cape Town, de Goma à Kinshasa, jusqu'à Ouesso, chaque coup de pédale était un message d'unité.
Le vélo s'est arrêté à Ouesso. Son message, lui, continue de rouler.


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