Par Rodrigue Kolaba Koto
Bunia, 23 septembre 2026 - Pour désengorger le tronçon reliant l'aéroport national au rond-point Pique-nique, les autorités provinciales sortent de leur silence.
Sous l'impulsion du gouverneur militaire, le général-major Kasongo Mulumba Batoka Gaby, l'exécutif provincial a tenu à fixer l'opinion sur les travaux confiés à la société congolaise Mont Gabaon Sarlu Construction. Un chantier qui faisait couler beaucoup d'encre, notamment à cause de la démolition partielle de parcelles et de maisons le long de la route.
Contrairement à ce qui a été annoncé au départ, le maire de la ville de Bunia, le colonel de la PNC Mbuyi Kola Bosco, a apporté des précisions de taille. Il ne s'agit pas de l'élargissement de l'ancienne route, mais bien de la création d'une nouvelle voie parallèle à celle qui existe déjà. C'est ce qui justifie que seules les parcelles situées du côté droit, en provenance de l'aéroport, soient concernées par les démolitions.
Pour dissiper toutes les zones d'ombre, une commission ad-hoc a été mise en place. Elle regroupe plusieurs services techniques, dont le cadastre, l'urbanisme, le conseiller du gouverneur en matière d'infrastructures, celui en charge du foncier ainsi que les ingénieurs de Mont Gabaon. Sa mission est de refaire le travail de traçage pour parfaire la nouvelle voie, conformément aux instructions du gouverneur.
S'agissant des familles touchées par les démolitions, l'État se veut rassurant. Les services du cadastre et de l'urbanisme mèneront des études approfondies pour déterminer la procédure à suivre. Car en République démocratique du Congo, l'expropriation pour cause d'utilité publique est strictement encadrée par la loi.
Trois textes majeurs régissent cette matière : l'article 34 de la Constitution du 18 février 2006, la loi n°77-001 de 1977 sur l'expropriation pour cause d'utilité publique et la loi foncière n°73-021 du 20 juillet 1973, modifiée et complétée par la loi n°25/062 de décembre 2025. Gouverner, c'est prévoir, et dans ce dossier, les autorités de l'Ituri disent vouloir allier développement et respect des droits.


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