Par Rodrigue Kolaba Koto
Kinshasa, 18 septembre 2026 - Le couperet est tombé. La Cour de cassation a condamné ce vendredi 18 septembre l'ancien ministre de la Justice Constant Mutamba à 10 ans de travaux forcés dans l'affaire de détournement des fonds du FRIVAO.
Son coaccusé, Chançard Bolukola, ancien coordonnateur intérimaire du Fonds de Réparation et d'Indemnisation des Victimes des Activités Illicites de l'Ouganda (FRIVAO), a écopé de 7 ans de travaux forcés.
Les deux hommes étaient poursuivis pour détournement de deniers publics portant sur près de 20 millions de dollars et blanchiment de capitaux. Le ministère public avait requis 15 ans.
Au-delà de la prison, la Haute Cour a prononcé des peines complémentaires lourdes : - 5 ans d'inéligibilité ; - interdiction du droit de vote ; - interdiction d'exercer toute fonction publique et parapublique ; - privation de libération conditionnelle et de réhabilitation.
La Cour a également ordonné la mainlevée sur la somme de 14 millions de dollars et son retour dans le compte du FRIVAO, et condamné les deux hommes à payer 300 000 USD de dommages et intérêts au FRIVAO.
Pour rappel, il ne s'agit pas de la première condamnation de Constant Mutamba. Il avait déjà été condamné en septembre 2025 à 3 ans de travaux forcés dans le dossier des 19,9 millions USD destinés à la construction d'une prison à Kisangani.
L'argent au cœur de ce scandale est hautement symbolique. Le FRIVAO gère les 325 millions de dollars versés par l'Ouganda à la RDC sur décision de la Cour internationale de justice, pour indemniser les victimes de la Guerre des Six Jours de Kisangani en 2000. Une somme que le ministère public a qualifiée de « l'argent des morts ».


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