Par Daniel Ashuza Chibanvunya, depuis Beni
Beni, 04 septembre 2026 - Des habitants de plusieurs territoires sous contrôle du M23 redoutent une aggravation de l’insécurité alimentaire. Des plantations de bananiers auraient été détruites à Rutshuru, Masisi et Kalehe, tandis que les populations dénoncent la multiplication des taxes imposées par le mouvement rebelle.
Des plantations détruites, la crainte d'une famine grandit
Dans les territoires de Rutshuru et Masisi, au Nord-Kivu, ainsi qu'à Kalehe, au Sud-Kivu, la situation alimentaire suscite de vives inquiétudes. Selon des témoignages recueillis localement, des plantations de bananiers auraient été détruites dans plusieurs zones contrôlées par le M23, privant de nombreuses familles d'une importante source de revenus et de nourriture.
Face à la dégradation de leurs moyens de subsistance, les habitants craignent désormais une pénurie alimentaire qui pourrait aggraver davantage les conditions de vie de populations déjà durement éprouvées par des années de conflits armés.
Une pression fiscale dénoncée par les populations
À ces difficultés s'ajouterait la multiplication des taxes et prélèvements imposés aux habitants. Ces contributions, dénoncées comme excessives par des acteurs locaux, pèseraient particulièrement lourd sur des populations dont les revenus ont fortement diminué en raison des déplacements, de l'insécurité et de la destruction des activités agricoles.
Pour de nombreuses familles, la combinaison de la perte des récoltes et de ces prélèvements fait craindre une détérioration rapide de la situation humanitaire. Le défenseur des droits humains Aimé Mbusa Mukanda appelle le gouvernement congolais, la MONUSCO et le Conseil de sécurité des Nations unies à prendre des mesures urgentes afin de permettre la libération des territoires occupés et de protéger les populations civiles.
Il met également en garde contre le risque d'une escalade pouvant prendre une dimension ethnique. Selon lui, le fait que les champs détruits appartiendraient majoritairement à des membres de la communauté hutu pourrait alimenter davantage les tensions communautaires dans une région déjà marquée par de profondes fractures.
Une situation humanitaire préoccupante
La destruction des cultures intervient dans un contexte de crise prolongée dans l'est de la République démocratique du Congo. L'agriculture constitue la principale source de subsistance pour une grande partie de la population rurale de ces territoires.
La perte des plantations, conjuguée aux déplacements de populations et aux prélèvements imposés par les groupes armés, risque ainsi de fragiliser davantage la sécurité alimentaire locale. Les appels lancés aux autorités congolaises et à la communauté internationale visent désormais à prévenir une aggravation de la crise et à garantir la protection des civils, indépendamment de leur appartenance communautaire.


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