Le plus vieux président du monde reprend l'avion : Paul Biya file en Europe, qui gouverne vraiment le Cameroun ?

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Par la rédaction centrale



Yaoundé, 17 septembre 2026 - Le président camerounais Paul Biya a de nouveau quitté le Cameroun pour l'Europe, selon un communiqué du Cabinet Civil publié le dimanche dernier en fin de matinée.


Au pouvoir depuis 1982 et âgé de 93 ans, le doyen des chefs d'État en exercice dans le monde vient pourtant de boucler son séjour le plus long au pays depuis sa réélection controversée d'octobre 2025. Il était rentré à Yaoundé le 20 août dernier après 74 jours d'absence passés à Genève, en Suisse, à l'hôtel InterContinental, son pied-à-terre habituel.


Un retour alors mis en scène par le pouvoir : 200 agents de la CRTV mobilisés, militants du RDPC convoqués sur les 22 kilomètres entre l'aéroport de Yaoundé-Nsimalen et le Palais de l'Unité, retransmission en direct. Le voyage avait été initialement annoncé le 7 juin comme un « court séjour privé en Europe ».


Trois semaines plus tard, le scénario se répète. Paul Biya est reparti « en compagnie de son épouse, Madame Chantal Biya, pour un court séjour privé en Europe », indique le communiqué signé par le ministre-directeur Samuel Mvondo Ayolo. Il est accompagné du Vice-Amiral Fouda Joseph et du chef du protocole Simon Pierre Bikele.


Ces allers-retours permanents ravivent une question taboue à Yaoundé : qui gouverne le Cameroun quand le président est absent ? Pendant ses 74 jours hors du pays, aucune apparition publique, aucune prise de parole. L'opposition avait alors évoqué une vacance du pouvoir et saisi le Conseil Constitutionnel. Le porte-parole du gouvernement, René Emmanuel Sadi, avait dû démentir toute hospitalisation et assurer que les conditions de vacance n'étaient pas réunies.


La polémique est d'autant plus vive que le pays ne dispose toujours pas de vice-président, alors que la fonction a été réintroduite en avril pour assurer la succession. À 93 ans, réélu pour un huitième mandat, chaque voyage de Paul Biya à Genève, financé selon ses détracteurs par le contribuable camerounais, relance les inquiétudes sur la gestion de l'État et l'après-Biya.

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