Par Samuel Ndombi Toakumu, de retour de Libenge
Libenge, 19 octobre 2026 - La population de la cité de Libenge, dans la province du Sud-Ubangi, vit une situation préoccupante liée à la pénurie prolongée d'eau potable. Depuis près de vingt ans, la Regideso n'assurerait plus normalement la desserte en eau dans cette entité, laissant des milliers d'habitants confrontés à d'importantes difficultés d'approvisionnement.
Cette situation soulève de sérieuses inquiétudes sur le plan sanitaire et interpelle les autorités politico-administratives ainsi que les services compétents, appelés à trouver une solution durable à ce problème essentiel de santé publique.
Des puits et des sources non aménagées en guise d'alternative
En l'absence d'un réseau public fonctionnel, la population se tourne vers différentes sources d'approvisionnement, notamment les puits traditionnels, les sources non aménagées et, pour certains ménages, les eaux de la rivière. Quelques forages réalisés par des organisations non gouvernementales internationales, communément appelés « Do Mo Gno » par les habitants, constituent également des points d'accès à l'eau.
Toutefois, ces solutions demeurent insuffisantes face aux besoins d'une population composée d'habitants locaux, de personnes déplacées et de réfugiés centrafricains. Faute de données démographiques récentes et vérifiées, l'effectif exact de cette population reste à préciser.
Le recours à des eaux dont la qualité n'est pas contrôlée expose les ménages à des risques de maladies d'origine hydrique, notamment le choléra, la fièvre typhoïde et les maladies diarrhéiques. Une situation qui mérite une attention urgente des services sanitaires et des responsables de l'approvisionnement en eau.
Le droit à l'eau potable : une responsabilité des pouvoirs publics
La Constitution de la République démocratique du Congo, en son article 47, stipule : « Le droit à la santé et à la sécurité alimentaire est garanti ». Même si cet article ne consacre pas explicitement un droit autonome à l'eau potable, l'accès à une eau salubre demeure une exigence fondamentale pour la protection de la santé et de la dignité humaine. Les pouvoirs publics sont ainsi interpellés sur la nécessité de garantir progressivement aux populations un accès sûr et durable à cette ressource vitale.
Par ailleurs, certaines sources évoquent la possibilité que le centre de la Regideso de Libenge figure parmi les installations dont les activités auraient été suspendues à la suite des affres de la guerre. Cette explication reste toutefois à confirmer officiellement auprès des responsables concernés.
Les autorités interpellées : jusqu'à quand ?
Face à cette situation, la population de Libenge attend des réponses concrètes : quel est l'état actuel des installations de la Regideso ? Quelles mesures sont envisagées pour leur réhabilitation ou pour la mise en place de solutions alternatives durables ? Et dans quel délai les habitants pourront-ils bénéficier d'une desserte régulière en eau potable ?
La population propose notamment la construction et l'aménagement de nouveaux ouvrages hydrauliques, dont des forages équipés, des bornes-fontaines et des réseaux de distribution adaptés aux besoins de la cité. Elle demande également la réhabilitation urgente des installations existantes et la reprise effective des activités de la Regideso à Libenge, avec un programme d'entretien régulier et un suivi transparent de la qualité de l'eau.
Les habitants souhaitent par ailleurs être associés à la gestion des points d'eau, afin de garantir leur protection, leur entretien et leur fonctionnement durable. Ils appellent les autorités provinciales et nationales, les partenaires techniques et financiers ainsi que les organisations humanitaires à mobiliser les ressources nécessaires pour répondre à cette urgence.
Au-delà des déclarations, il est urgent d'engager une évaluation technique des installations, de renforcer les points d'approvisionnement existants et de contrôler régulièrement la qualité de l'eau consommée par les ménages. Car, dans cette partie du Sud-Ubangi, l'accès à l'eau potable ne devrait pas être un luxe, mais une nécessité vitale.
« L'eau potable, c'est la vie », dit-on. À Libenge, cette vérité sonne aujourd'hui comme un cri d'alarme et un appel pressant à la responsabilité des autorités.


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