Par Rodrigue Kolaba Koto
Kinshasa, 13 octobre 2026 - Le président du Conseil Supérieur de l'Audiovisuel et de la Communication (CSAC), Christian Bosembe, est sorti de son silence. Interrogé par le confrère Stanys Bujakera sur la nouvelle plateforme politico-militaire dirigée par l'ancien président Joseph Kabila, il s'est dit profondément bouleversé. Pour lui, c'est un recul de plus de 30 ans et une page sombre qui s'écrit dans les annales de l'histoire de la RDC.
Dans un ton grave, parfois à titre de citoyen, Bosembe rappelle que la Constitution, que Kabila lui-même a portée, consacre l'accession au pouvoir par les urnes et tourne le dos à toute forme de violence. « Je ne peux pas m'imaginer une seule seconde que la même personne qui nous a offert cette Constitution soit la même qui foule cette même Constitution », lance-t-il. Il compare la situation à un scénario totalement inimaginable : « C'est comme si Obama prenait les armes contre l'Amérique, ou Sarkozy contre la France ».
Pour le patron du CSAC, la réponse à la mauvaise gouvernance en République, c'est la sanction par le vote et non par les armes. « Nous avons donné un délai de 5 ans. Si vous pensez qu'ils ont mal géré, ne leur donnez plus confiance », insiste-t-il. S'exprimant comme président du CSAC, il annonce la convocation d'une plénière extraordinaire pour des mesures urgentes, le cœur saignant.
Car depuis le début de la guerre, les groupes rebelles reconnus comme mouvements terroristes et forces négatives par tous les rapports internationaux n'ont pas droit à la parole dans les médias congolais. Une interdiction qui frappait déjà l'AFC/M23. Christian Bosembe envisage désormais d'étendre formellement cette mesure à la nouvelle plateforme de Joseph Kabila.
Enfin, à la question de savoir comment le journaliste peut informer sans s'exposer à des sanctions, Bosembe trace la ligne rouge : il faut distinguer informer de la création d'un mouvement et en faire l'apologie. « Dans nos lois, l'opposition est autorisée. Mais la rébellion non. Ici, nous sommes au niveau du terrorisme », tranche-t-il. Une mise au point qui annonce un durcissement du régulateur face à toute tentative de légitimation de la rébellion.


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