Par Rodrigue Kolaba Koto
Kinshasa, 21 septembre 2026 - Deux jours après sa lourde condamnation, l'ancien Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Constant Mutamba Tungunga, rompt le silence. Depuis sa cellule, il a adressé une lettre manuscrite de quatre pages au peuple congolais et aux peuples d'Afrique, dont Legon News a obtenu copie.
Vendredi 18 septembre, la Cour de cassation l'a condamné à 10 ans de travaux forcés pour détournement de deniers publics dans l'affaire du FRIVAO, le Fonds de réparation des victimes des activités illicites de l'Ouganda en RDC. Son co-accusé, Chançard Bolukola, écope de 7 ans. Les deux hommes sont privés pendant 5 ans de leurs droits de vote, d'éligibilité et d'accès à toute fonction publique.
Une condamnation « purement politique et arbitraire » pour Mutamba.
« Je viens d'être condamné à 10 ans de travaux forcés à l'issue d'un procès expéditif de deux jours, sans aucun témoin à charge », écrit-il. « Aucune preuve matérielle de détournement n'a été présentée ».
L'ancien patron de la NOGEC conteste tout. Sur les accusations financières liées au FRIVAO et à l'ICCN, il est catégorique :
« Je n'ai jamais géré les fonds du FRIVAO. Le FRIVAO est un établissement public autonome. Les fonds de l'ICCN restent affectés à la réhabilitation du zoo de Kisangani ».
Pour Mutamba, ce verdict n'est pas judiciaire, il est politique. Il dénonce un « complot politico-judiciaire commencé en avril 2025 » qui aurait débouché sur sa première condamnation injuste et qui se poursuit aujourd'hui.
Et il charge directement l'entourage du Chef de l'État, tout en épargnant Félix Tshisekedi lui-même :
« J'ai servi le Chef de l'État et notre pays, la RDC, avec loyauté et patriotisme, à la grande satisfaction de tous. Malheureusement, ses collaborateurs ont choisi de me rendre le mal pour le bien, m'attribuant les ambitions présidentielles que je n'ai pas exprimées jusqu'ici. Ils utiliseront la justice, les institutions et les moyens de l'État pour me salir et ternir mon image dans l'opinion, à travers des dossiers judiciaires montés sans preuve matérielle ».
Malgré les barreaux, Constant Mutamba ne compte pas abdiquer. Il annonce poursuivre la « résistance » et conclut sa lettre par une phrase devenue virale : La prison n'arrête pas le destin.


Exprimez-vous